La Maison d’Arrêt est aujourd’hui un service de la Direction des Services Judiciaires mais cela n’a pas toujours été le cas.
En effet, si la fonction pénitentiaire existe depuis longtemps à Monaco, elle a connu de nombreuses évolutions.
Avant 1789, les prisons étaient probablement situées au sein du Palais Princier. Pendant la période française, elles accueillaient des prisonniers de guerre dans des conditions précaires. Après 1815, le Prince Honoré V a entrepris d’améliorer les infrastructures, mais les locaux restaient inadaptés. Au XIXe siècle, un souterrain situé sous les jardins Saint-Martin a ainsi été transformé en prison.
Quant à la gestion de l’établissement, elle est passée du maire au gouverneur général, puis au pouvoir exécutif. Ce n’est qu’en 1990, qu’une réforme majeure est venue confier l’administration pénitentiaire à l’autorité judiciaire.
Les locaux, issus notamment d’une extension du Fort-Antoine, ont été modernisés à partir de 1986, avec des travaux d’extension. Une nouvelle phase de travaux, intervenu en 2000, est venu améliorer un peu plus les conditions de détention et le fonctionnement administratif. Enfin, en 2021, des aménagements supplémentaires ont permis la création de deux nouvelles coursives : l’une dédiée aux personnes détenues de droit commun et l’autre destinée aux personnes détenues bénéficiant d’un aménagement de peine, telle que la semi-liberté.
S’agissant des missions dévolues à l’administration pénitentiaire, l’Ordonnance Souveraine n° 3.782 du 16 mai 2012 relative à l’organisation de l’administration pénitentiaire et de la détention indique qu’elle assure l’exécution des décisions judiciaires impliquant une privation ou une restriction de liberté, ainsi que les placements en détention provisoire.
Ses missions s’articulent autour d’un triptyque essentiel et fondamental : la garde, l’entretien et la réinsertion des personnes détenues. À ce titre, la maison d’arrêt veille non seulement à la surveillance et aux conditions de vie des détenus, mais met également en œuvre des actions destinées à favoriser leur réinsertion sociale.
La Maison d’Arrêt de Monaco dispose d’une capacité de 92 places réparties en sept coursives distinctes destinées aux hommes, aux femmes, aux mineurs, aux mineures, ainsi qu’aux personnes bénéficiant d’un aménagement de peine.
Elle est dirigée par un directeur assisté d’un directeur adjoint et s’appuie sur une centaine d’intervenants titulaires, contractuels ou bénévoles, dont une cinquantaine de surveillants organisés en roulement de jour comme de nuit, ainsi que des agents administratifs et techniques.
L’établissement est structuré en deux zones complémentaires : une zone administrative regroupant notamment la direction et le greffe pénitentiaire, chargé du suivi des entrées et sorties des personnes détenues, et une zone de détention organisée en coursives distinctes, comprenant 35 cellules conformes aux normes de sécurité et d’hygiène. Elle comprend également l’ensemble des espaces nécessaires à la vie quotidienne et à la prise en charge des personnes détenues (cinq parloirs familiaux et trois parloirs professionnels, chapelle, deux cours de promenade, gymnase, salle de musculation, buanderies, douches et espaces éducatifs tels que les bibliothèques, les salles informatiques et les salles d’activités).
L’accompagnement des personnes détenues repose sur une prise en charge pluridisciplinaire associant personnel médical et paramédical (médecin, infirmiers, psychiatres, psychologue, chirurgien-dentiste), ainsi que divers intervenants sociaux et extérieurs.
L’établissement fait par ailleurs l’objet d’un contrôle régulier des autorités judiciaires compétentes et du Haut-Commissariat, garantissant son bon fonctionnement et le respect des conditions de détention.
Enfin, la Maison d’Arrêt, établissement unique en Principauté de Monaco, fonctionne selon des horaires aménagés en régime dit de « porte ouverte », permettant une organisation plus souple et adaptée de la vie en détention.